Soft Skills, ces savoir-être qui font la différence

Lors d’une recherche d’emploi, pourquoi un candidat est-il choisi alors qu’il a les mêmes compétences techniques que les autres? Les soft skills bien sûr !

Il existe deux types de compétences, d’un côté les hard skills, celles que l’on apprend sur les bancs de l’école et qui sont plutôt d’ordre technique : maîtriser un logiciel comptable, l’allemand ou établir des prévisions de ventes. A l’inverse, les soft skills correspondent aux qualités comportementales et humaines telles que l’empathie, la créativité ou encore la pédagogie.

Ces fameuses compétences “douces” sont au coeur des challenges auxquels font face les organisations et leurs salariés aujourd’hui : interactions permanentes, nécessité de délivrer son message de manière claire et rapide, travail en équipes projets parfois multiculturelles etc.
Par opposition aux compétences techniques qui deviennent rapidement obsolètes, les compétences “douces” s’inscrivent dans la durée puisqu’elles relèvent des caractéristiques fondamentales de la personnalité.
Par ailleurs, s’il est facile pour une entreprise de former un salarié sur des sujets d’ordre technique, ce n’est pas toujours le cas en ce qui concerne les soft skills.
Enfin, à l’heure où l’intelligence artificielle est en train de transformer en profondeur des pans entiers de l’économie, les soft skills représentent des compétences précieuses puisque non automatisables.
Dans cet environnement de travail en pleine mutation, il apparaît donc logique que les recruteurs et les managers se reposent de plus en plus sur les soft skills.

En ce qui concerne le recrutement, 60% des critères requis dans une offre d’emploi relèvent des soft skills. Lors d’un entretien d’embauche, le recruteur cherche avant tout à savoir comment le candidat applique ses connaissances, comment il s’intégrera et se développera au sein de l’entreprise. Les compétences techniques relèvent quasiment systématiquement du sinequanone sans lequel le dossier de candidature n’aurait pas été retenu. Totalement complémentaires aux compétences techniques, les soft skills font donc la différence à profil égal.

En nous basant sur notre expérience dans l’accompagnement des organisations, nous avons pu constater que la plupart du temps, si les managers ont conscience de l’importance des soft skills au moment du recrutement, il en est tout autrement au quotidien. En effet, très souvent les organisations ne créent pas un environnement qui laisse la place aux compétences humaines. Les hard skills prennent très vite le pas notamment en termes d’évaluation des performances et donc de promotion. Chassez le naturel, il revient au galop!
Cette prééminence des compétences techniques peut notamment s’expliquer par le fait que la France est encore fortement marquée par la culture des diplômes et donc des hard skills. A l’inverse les soft skills sont bien mieux prises en compte dans les pays Anglo-Saxons, plus enclins à capitaliser sur l’expérience et le vécu.

De plus en plus de grandes écoles comprennent l’importance des soft skills et intègrent à leur cursus des ateliers ou des modules qui permettent à leurs étudiants de développer ces qualités personnelles essentielles. Par exemple, à l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) les soft skills représentent 20% du cursus. La GEM (Grenoble Ecole de Management) a mis en place des ateliers de pleine conscience pour ses élèves et favorise les travaux en groupes interdisciplinaires. Les objectifs affichés de ces programmes sont d’apprendre aux étudiants à mieux se connaître, à développer leur capacité d’adaptation et leur ouverture d’esprit.

Pour valoriser au mieux vos soft skills lors d’une recherche d’emploi, commencez par faire le point sur votre parcours : Sur quelles qualités avez vous dû vous appuyer pour mener à bien vos missions? D’un point de vue plus personnel, quelles sont les trois caractéristiques qui vous définissent? Comment vos proches vous qualifient-ils?
Retenez 3 ou 4 aptitudes et sachez les étayer avec des exemples. Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réponses, il faut juste veiller à être cohérent par rapport au poste recherché. Par exemple, si vous postulez à une offre de chef de projets, mettez l’accent sur votre facilité à travailler en équipe et à fédérer. Mais soyez honnête : si vous êtes un grand timide, inutile de vous déclarer “grand communicant”.
Pour vous aider, voici une liste non exhaustive de soft skills : goût d’entreprendre, capacité à fédérer, ouverture aux autres, adaptation au changement,patience, gestion du temps, la pensée critique, capacité à résoudre des problèmes complexes.
Pour finir, gardez à l’esprit que vos soft skills ne sont absolument pas figées puisqu’elles se construisent et évoluent au cours de votre parcours professionnel et personnel.

By Léa Balloy